La DA se manifeste par une quête incessante pour nourrir de l’extérieur des besoins émotionnels. Les causes sont généralement les mêmes que pour ceux qui ont développé des mécanismes de défense de type pervers narcissique. C’est bien d’ailleurs ces mêmes failles qui, quelque part, se reconnaissent lors d’une rencontre entre ces deux protagonistes. Les besoins et la détresse sont presque les mêmes, mais c’est la façon d’y répondre qui est différente, l’un en mode proie – cherchant l’amour par le don de soi -, l’autre en mode prédateur, les deux en miroir l’un de l’autre.
Si vous avez déjà une tendance à la dépendance affective, le PN jouera sur du velours. Il vous a déjà recrutée sur vos caractéristiques. C’est ce processus de recrutement qui vous donne l’impression d’être un aimant à PN. Un PN qui trouvera face à lui quelqu’un qui ne serait pas prêt à danser avec lui sa danse macabre passera son chemin. En revanche, si vous montrez quelques signes de DA, le PN va creuser dans les premiers instants de la relation pour savoir si vous ferez un bon candidat !
Une fois la dépendance ré-établie par le PN en début de relation, le PN peut tirer les ficelles, manipuler et contrôler son partenaire en retirant par saccades et sournoisement ce qu’ils ont tout d’abord offert.
Alors quels sont les piliers de cette danse macabre, et surtout quels sont-ils chez le DA qui rend ce dernier si attractif aux PN ?
1. Besoin constant de validation
Les personnes dépendantes affectives recherchent constamment l’approbation et la validation des autres pour se sentir bien dans leur peau. Au-delà même de la validation de vos choix, c’est la validation de votre être que vous cherchez, comme un droit à exister ! Les Pervers Narcissiques exploitent cette faiblesse en offrant de l’attention au début de la relation, créant ainsi une dépendance émotionnelle, l’espoir d’être enfin vue comme unique ! Cette validation temporaire, le PN va vous l’apporter pendant la phase de love bombing. Vous qui n’avez jamais été vue ni prise en considération dans votre famille, vous voici propulsé sous les feux de la rampe dans les yeux du PN. Il vous voit ! Vous dont la pensée a probablement été disqualifiée dans votre enfance, il glorifie votre pensée. Sachez que ce n’est pas du tout gratuit. Déjà, c’est l’appât auquel vous mordez, et qui va lui permettre de vous ferrer (de vous coincer dans la relation), et vous valider le nourrit par miroir : s’il fréquente une personne aussi formidable, c’est qu’il est formidable ! Et valider quelqu’un, sa pensée, ses goûts, ses choix, c’est un énorme outil de domination. Cette validation sera également un élément de hoovering, quand vous aurez un peu désinvesti la relation, désabusée, et qu’il aura besoin de vous faire revenir dans la relation. Ce besoin d’être vue, entendue, sera la base du renforcement intermittent perpétré par le PN, notamment par le type pervers narcissique négligent. Il vous offrira de nouveau des miettes d’attention et d’approbation de votre être, et vous reprendrez vie, vous accourserez à nouveau. Le traitement silencieux et le fait de prioriser toujours autre chose que vous est le revers de la médaille, la face cachée de cette validation apportée puis déniée. C’est un puissant outil de contrôle, car il touche à l’existence même.
2. Faible estime de soi
La dépendance affective est souvent liée à une faible estime de soi. Les personnes concernées ont tendance à se dévaloriser et à croire qu’elles ne méritent pas mieux. C’est généralement un schéma appris dans l’enfance. Les Pervers Narcissiques profitent de cette vulnérabilité en flattant puis en renforçant progressivement les croyances négatives sur soi par du dénigrement. Cette alternance de chaud et froid permet de maintenir leur emprise sur la victime. Ils alternent entre des phases de valorisation et de dévalorisation pour maintenir la confusion et la dépendance. Vous qui rêvez d’être choisi! Il y a, au début, des compliments, parfois assortis d’un indice contraire, mais que vous vous empressez d’ignorer. Et ce double discours va contribuer à l’enfumage mental qui ne tardera pas à embrumer votre esprit.
Au début, cela passera par le fait de vous comparer à d’autres, à ses ex, notamment. Au début, cela vous flatte. A moins que vous ne compreniez, mais souvent assez tard, que vous êtes la prochaine ex qu’il dénigrera auprès de la nouvelle proie. Au début, il vous offre enfin la version de vous que vous attendiez. C’est un sacré piège, car vous devenez addict de son regard qui délimite peu à peu les contours de l’image que vous avez de vous-même. Et peu à peu, les qualificatifs élogieux qu’il vous réservait sont désormais offerts à d’autres pendant que vous recevez, pendant les phases de dévalorisation, exactement l’opposé : critiques, jugements, dénigrement. Vous êtes une incapable. Alors, vous multipliez les efforts, y compris ceux pour faire fonctionner l’infonctionnelle, cette relation dysfonctionnelle. Vous vous épuisez dans une course effrénée à la perfection, qui ne sera plus jamais reconnue … jusqu’au prochain cycle, jusqu’au prochain retour en grâces.
3. Peur de l’abandon
Les dépendants affectifs ont une peur intense de l’abandon, ce qui les pousse à tolérer des comportements abusifs pour éviter d’être seuls. Les Pervers Narcissiques utilisent cette peur pour manipuler leur partenaire, en menaçant de les quitter ou en créant des situations où la victime se sent responsable de la relation. Cette dynamique renforce la dépendance et la soumission, et acceptant des miettes, faisant son possible pour faire fonctionner l’infonctionnelle, le DA va s’engager toujours plus avant dans la relation jusqu’à ce que le coût d’une séparation lui semble exorbitant.
Combien de clientes expriment avoir toléré l’inacceptable pourvu qu’il ne la quitte pas, pourvu que la relation continue malgré la souffrance et le sentiment de tristesse ?
Et les départs successifs suivis des ré-aspirations du DA dans la relation, alors qu’il tentait de faire son deuil, sont autant de réactivations de la peur de l’abandon. Cette peur renforcée par les phrases assassines du PN : « sans moi, tu n’es rien ». Pour peu que la proie ait sacrifié sa vie professionnelle au profit du PN voire simplement pour gérer généreusement la vie familiale ; et là le coût peut en effet être élevé. Et le pN a généralement organisé la fin de la relation dès le début : la proie réalise peu à peu que rien n’est à son nom, et que si elle part, c’est au prix d’un effort émotionnel colossal, c’est dans le plus grand dénuement financier et en étant bien souvent désocialisée, isolée. Car, pour que l’abandon soit plus cruel – et que la proie ne puisse pas facilement partir – le PN s’est arrangé pour être le centre du monde du DA.
Ce que la proie, souvent devenue l’ombre d’elle-même à force de vains efforts, d’humiliations, de déceptions, de mensonges, de conversations sans aucun sens, ne voit pas c’est qu’en essayant de garder l’autre (le PN), elle se perd… Il va lui falloir se remettre au centre de son monde, et reconstruire à la fois son monde intérieur et ses relations sociales. La tâche peut sembler inaccessible.
4. Difficulté à poser des limites
Les personnes dépendantes affectives ont souvent du mal à poser des limites claires et à dire non. Les Pervers Narcissiques exploitent cette difficulté en envahissant progressivement l’espace personnel et émotionnel de leur partenaire. Ils testent les limites et les repoussent constamment, rendant la victime de plus en plus vulnérable et contrôlable.
Le DA ne sait pas
• Dire NON parce que je suis fatigué(e) et que j’ai besoin de repos.
• Dire NON parce que cela dépasse mes limites, qu’elles soient physiques ou émotionnelles.
• Dire NON parce que ce n’est pas une urgence.
• Dire NON parce que cela ne correspond plus à ce que je veux.
• Dire NON parce que cela ne respecte pas mes valeurs.
• Dire NON parce que ce type d’activité m’ennuie.
• Dire NON parce que cette personne me prend toute mon énergie. • Dire NON parce que je ne me sens pas respecté(e) dans mon corps face à certaines actions.
• Dire NON tout simplement parce que ce n’est pas ce que je veux.
Or, se choisir, c’est ça, c’est savoir dire non si ce n’est pas, selon nous, bon pour nous ! Et le DA croit que c’est être égoïste au mauvais sens du mot, car il n’a pas appris à prendre soin de lui.

Chacun a ses propres limites, et celles-ci ne doivent pas être comparées à celles des autres. Souvent, la peur de perdre, de blesser ou de décevoir nous empêche de nous choisir nous-mêmes. La culpabilité peut également jouer un rôle important dans nos décisions. C’est l’incapacité à poser des limites que le PN cherche dans la phase de recrutement, en procédant à des mini tests, subtils mais très efficaces.
Prenez un moment pour réfléchir à ce qui vous empêche de dire NON. Puis, pas à pas, apprenez à vous choisir. Toute personne qui se montre mal à l’aise, s’emporte ou se vexe lorsque vous imposez des limites révèle, sans le savoir, à quel point elle se sentait à l’aise tant qu’elle pouvait disposer de vous à sa guise. Ce malaise trahit le confort qu’elle trouvait dans l’absence de frontières, là où vos besoins s’effaçaient au profit des siens. Poser des limites, c’est redessiner le territoire de soi, et ceux qui s’en offusquent dévoilent, bien souvent, qu’ils y campaient déjà sans y être invités.
Ce sont toutes les fonctions du moi qui sont défectueuses, et chez le DA, et chez le PN, et les deux essaient de les « sourcer » de l’extérieur. La façon dont on a été encouragé à être nous-mêmes et entendu dans nos besoins d’enfants conditionne nos relations. La façon dont on nous a enseigné – ou non – à apaiser nos souffrances conditionne notre capacité à le faire à l’âge adulte ou bien à aller le chercher à l’extérieur de nous. La différence, c’est que le DA a les capacités à reconstruire ces compétences nécessaires pour une belle relation à soi et aux autres. C’est seulement là qu’il cessera d’être un aimant à PN, ne résonnant plus de la même façon.
